« Maligne » ou quand le cancer s’invite au théâtre

 

« Maligne », c’est l’adjectif pouvant caractériser une tumeur cancéreuse en opposition à  bénigne, mais c’est également le titre d’une pièce de théâtre dont l’actrice principale, Noémie Caillault, seule sur scène, nous raconte sa propre histoire. Le but de ce billet n’est pas de refaire le film de la pièce car je pense qu’elle vaut le coup d’être vue sans aucun « spoil », mais plutôt mon ressenti sur ce genre d’initiative.

« Quand on a 27 ans et qu’on apprend qu’on a une boule de 6 cm dans le sein gauche, forcément on a peur, et puis on se bagarre, et on en pleure, et on en rit… La vie, quoi ! »

Noémie apprends, donc, au début de l’année 2012 qu’elle  est atteinte d’un cancer du sein à seulement 27 ans. Elle dépeint alors pendant une heure et demie toutes les pensées qui l’ont traversé durant cette épreuve, en recréant chronologiquement ses rendez-vous médicaux, les réactions de sa famille et de son entourage (ses voisins, ses ami(e)s grands et petits etc.).

Elle raconte son histoire avec beaucoup de sincérité, d’émotions et d’humour. J’ai trouvé que le sujet était traité de manière particulièrement adaptée. On alterne entre les sentiments d’amusement et de compassion. L’angoisse de la maladie ressentie par l’auteur n’est pas minimisée, les moments d’espoir et de joie sont habilement placés. Le dosage est parfait.

J’ai particulièrement aimé la description de sa relation avec les professionnels de santé, entre sa gynéco, son oncologue ou les infirmières, toutes les personnalités de soignants sont rencontrés. A mon sens, c’est assez représentatif de la réalité des choses pour le patient, d’être confronté systématiquement à de nombreux interlocuteurs, pas toujours très bien formés à la communication auprès de leurs patients.

Une phrase m’a beaucoup interpellé : « [I…]l m’ont dit qu’il fallait y croire. Mais croire à quoi ? C’est une religion le cancer en fait ? Croire au Saint traitement, à la Sainte Chimiothérapie ! Régit par un clergé en blouse blanche ![…] ». Je vous laisse méditer là-dessus.

Pour conclure, je dirais que cette pièce est à voir absolument, particulièrement si on est professionnel de santé, mais pas que. C’est une thématique rare au théâtre et malgré l’angoisse générée par le sujet, on en sort plein d’espoir.

Cette oeuvre est aussi, pour moi, la preuve d’un changement de mentalité autour de la maladie, le cancer devient de moins en moins tabou, les langues se délient. Et même si, à la fin, Noémie Caillault salue la salle très émue, le fait de parler de toute cette expérience douloureuse devant une salle comble reste un exploit à part entière, peut-être impensable il y a 20 ans.  C’est bien le reflet d’un changement des comportements, d’une acceptation de son état de santé et d’une prise en main et dont, à mon sens, les NTIC n’y sont certainement pas innocents. 😉

Courrez-y !

Quentin

 

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